06/02/2012

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2 - La lutte contre le nom de Dieu


 

Dieu lui-même a clairement demandé à être invoqué par son nom. (Exode 3 :14) 

Voici quelques éléments qui nous permettent de comprendre quelles ont été les motivations de l’homme de ne plus l’employer, et qui ont mené au fil des siècles à une réelle lutte contre l’emploi de son nom…

 

Le 3ème commandement :

La superstition naît de l’incompréhension

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Selon l’Encyclopaedia Judaica, “ le refus de prononcer le nom YHWH [...] provient d’une mauvaise compréhension du troisième commandement ”.

Le troisième des Dix Commandements donnés par Dieu aux Israélites déclare : “ Tu ne dois pas prendre le nom de Jéhovah ton Dieu de manière indigne, car Jéhovah ne laissera pas impuni celui qui prendra son nom de manière indigne. ” (Exode 20:7).


Le décret de Dieu contre l’utilisation abusive de son nom

a donc été tourné en superstition.


Apparemment, au cours des Ier et IIe siècles, une superstition sur l’usage du nom divin s’est imposée parmi les Juifs. La Mishna (un recueil de commentaires rabbiniques qui a servi de base au Talmud) stipule que “ celui qui prononce le nom divin tel qu’il s’écrit ” n’a pas de part dans le paradis terrestre promis par Dieu.

D’où cette interdiction tirait-elle ses origines ? D’après certains, les Juifs jugeaient le nom de Dieu trop sacré pour être prononcé par des humains imparfaits.

Ils en sont même arrivés à hésiter à l’écrire. Comme l’explique un ouvrage, cette crainte venait du fait qu’un document où figurait le nom de Dieu risquait de finir à la poubelle, ce qui profanerait le nom divin.

Il est évident qu’aujourd’hui personne ne prétend que Dieu ferait brûler au bûcher quiconque prononcerait son nom ! Toutefois, les superstitions juives à l’égard du nom divin subsistent encore.

Nombreux sont ceux qui parlent du Tétragramme comme étant le “ Nom ineffable ” et le “ Nom indicible ”. Dans certains cercles, toute expression faisant référence à Dieu est volontairement mal prononcée pour ne pas violer la tradition.

À titre d’illustration, Jah, ou Yah, une abréviation du nom divin, est prononcé Kah. Alléluia est prononcé Alléluka. Certains refusent même d’écrire le mot “ Dieu ”. Ils remplacent une ou plusieurs lettres par un trait. Ils écrivent par exemple “ D--U ”.


L’argent, un intérêt plus important que la vérité

 

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Un porte parole de la New International Version, traduction protestante publiée en anglais en 1978, a écrit :

" Jéhovah est bien le nom distinctif de Dieu, et idéalement nous aurions du l’employer, mais nous avons consacré plus de 2 millions de dollars à cette traduction, et le meilleur moyen de gâcher l’argent aurait été de traduire par exemple le psaume 23 par « Yahveh est mon berger… ». Du coup nos traducteurs auraient travaillé en vain, personne ne se serait servi de cette traduction… !"

 

 

L’Histoire d’un crime pour l’exemple

 

Il s’appelait Hananiah ben Teradion. Érudit juif du IIe siècle, il était connu pour tenir des réunions publiques où il enseignait sur la base de la Sefer Torah, un rouleau comportant les cinq premiers livres de la Bible. Il était aussi réputé pour employer le nom personnel de Dieu et le faire connaître. Étant donné que le nom de Dieu apparaît plus de 1 800 fois dans les cinq premiers livres de la Bible, comment aurait-il pu enseigner la Torah sans enseigner le nom de Dieu ?

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Relief représentant l’exécution de Hananiah ben Teradion.

 

À son époque, cependant, les érudits juifs étaient en mauvaise posture. D’après des historiens juifs, l’empereur romain avait interdit l’enseignement ou la pratique du judaïsme, sous peine de mort. Ben Teradion a donc fini par être arrêté par les Romains.

Lors de son arrestation, il portait sur lui une copie de la Sefer Torah. Devant ses accusateurs, il a innocemment reconnu qu’en enseignant la Bible il ne faisait qu’obéir à un commandement divin. Cela ne lui a pas épargné la peine capitale.

Le jour de son exécution, on l’a enveloppé dans le rouleau qu’il avait sur lui le jour de son arrestation, puis on l’a brûlé sur le bûcher. Selon l’Encyclopaedia Judaica, “ pour prolonger ses souffrances, on a placé sur son corps des touffes de laine mouillées, destinées à retarder le moment de sa mort ”.

Son châtiment ne s’est pas limité à cela. On a aussi exécuté sa femme et vendu sa fille à une maison de prostitution.

 

Bien que les Romains soient responsables de cette exécution cruelle de Ben Teradion, le Talmud* explique qu’“ on l’a brûlé parce qu’il avait prononcé le Nom tel qu’il était écrit ”. En effet, d’après les Juifs, prononcer le nom de Dieu était une transgression très grave…

 

* Le Talmud est une compilation de la tradition juive ancienne et il est considéré comme l’un des écrits les plus sacrés et les plus importants du judaïsme.

 

La traduction de Pierre Olivétan qui remplaça

le nom YHWH par l'Eternel (Cliquez pour accéder à la note)

 

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D’autres tentatives pour cacher le nom divin

 

 Le judaïsme est loin d’être la seule religion à s’abstenir d’utiliser le nom de Dieu. Prenons le cas de Jérôme, prêtre catholique et secrétaire du pape Damase Ier. En 405 de notre ère, Jérôme acheva sa traduction complète de la Bible en latin, qui prit plus tard le nom de Vulgate.

Il n’y fit pas figurer le nom de Dieu, mais le remplaça par “ Seigneur ” et “ Dieu ” comme le voulait la coutume de l’époque. La Vulgate devint la première version catholique autorisée de la Bible et servit de base à beaucoup d’autres traductions en plusieurs langues.

La version de Douay, par exemple, une traduction catholique de 1610, est en fait la Vulgate traduite en anglais. Il n’est donc pas surprenant que cette Bible ne contienne pas le nom de Dieu.

Cela dit, cette version n’était pas qu’une traduction de plus de la Bible.

Elle est devenue la seule Bible autorisée pour les catholiques anglophones jusque dans les années 1940. Pendant des siècles, le nom de Dieu a ainsi été caché à des millions de catholiques fervents.

Considérons également la Bible du roi Jacques. En 1604, Jacques Ier, roi d’Angleterre, a demandé à un groupe d’érudits de produire une version anglaise de la Bible.

Quelques sept ans plus tard, ils ont publié la Bible du roi Jacques, connue également sous le nom de Version autorisée.

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Là encore, les traducteurs ont choisi d’y omettre le nom divin, excepté dans quelques versets.

La plupart du temps, le Tétragramme a été volontairement remplacé par “ SEIGNEUR ” ou “  DIEU ”.

Cette version est devenue la Bible courante de millions de personnes.

Selon une encyclopédie (The World Book Encyclopedia), “ après la publication de la Bible du roi Jacques, aucune autre traduction anglaise significative de la Bible n’a vu le jour pendant plus de 200 ans.

Durant cette période, la Bible du roi Jacques a été la traduction la plus largement utilisée dans le monde anglophone ”.

Ce ne sont là que trois des nombreuses traductions de la Bible qui ont été publiées ces derniers siècles et qui omettent le nom de Dieu ou qui en minimisent l’importance.

Rien d’étonnant que la grande majorité de ceux qui se réclament du christianisme aujourd’hui hésitent à employer le nom divin ou ne le connaissent pas du tout.

Certes, au fil des années, certains traducteurs ont fait figurer le nom personnel de Dieu dans leurs versions.

La plupart d’entre elles, cependant, ont été publiées plus récemment. Elles n’ont donc eu guère d’influence sur la façon de considérer le nom de Dieu.

 

Directives du Vatican à toutes les conférences épiscopales :            Effacer les traces du nom divin dans l’église…

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Le Vatican cherche à faire disparaître le nom divin

LA HIÉRARCHIE catholique cherche à faire disparaître l’usage du nom divin des offices religieux. L’an dernier, en réponse à une “ directive ” du pape, la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements a adressé des instructions à ce sujet aux conférences épiscopales tenues dans le monde entier.

Le document, en date du 29 juin 2008, dénonce le fait qu’en dépit d’instructions contraires, la pratique consistant à “ prononcer le nom propre du Dieu d’Israël, connu comme le saint ou divin tétragramme, formé de quatre consonnes de l’alphabet hébraïque, יהוה (YHWH) ”, s’est répandue ces dernières années. Le nom divin aurait été rendu par Yahweh, Jahweh, Yehovah, etc. La directive du Vatican entend bien rétablir la position traditionnelle de l’Église, pour qui le tétragramme doit être remplacé par “ Seigneur ”. Pour tout dire, le nom de Dieu “ sous la forme du tétragramme YHWH ne doit être ni employé ni prononcé ” dans les offices religieux, les chants et les prières.

À l’appui de sa position, le Vatican invoque la “ tradition immémoriale ” du catholicisme. La directive prétend que, même dans la Septante — traduction des Écritures hébraïques remontant à l’époque préchrétienne — le nom divin était régulièrement rendu par Kurios, mot grec pour “ Seigneur ”. De ce fait, conclut le document, “ les chrétiens, depuis le début, n’ont jamais prononcé le tétragramme divin ”. Or, cette affirmation fait abstraction de preuves démontrant le contraire. Les exemplaires les plus anciens de la Septante contenaient non pas le mot Kurios, mais le nom divin sous la forme יהוה. Les premiers disciples du Christ connaissaient donc le nom de Dieu. Ils le prononçaient également. Jésus lui-même a déclaré dans une prière adressée à son Père : “ Je leur ai fait connaître ton nom. ” (Jean 17:26). Et, dans le Notre Père, il nous enseigne à prier ainsi : “ Notre Père dans les cieux, que ton nom soit sanctifié. ” — Matthieu 6:9.

Tout chrétien devrait souhaiter que le nom de Dieu soit sanctifié. Les efforts du Vatican visant à faire disparaître ce nom déshonorent Jéhovah, qui a dit :

C’est mon nom pour toujours, c’est ainsi que l’on m’invoquera de génération en génération. ” — Exode 3:15, Bible de Jérusalem.


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Dans la presse : Washington, 15 août 2008 (Apic) Les chansons utilisant le mot Yahvé pour Dieu - telles que "You Are Near," "I Will Bless Yahweh" et "Rise, O Yahweh", seront bientôt bannies des messes aux Etats-Unis. Le nom de Dieu, ne doit pas être utilisé ou prononcé dans des chants ou des prières pendant la messe à la demande du Vatican, qui le considère inapproprié pour la liturgie catholique, rapporte l'agence de presse catholique américaine CNS.


Mgr Arthur Joseph Serratelli, évêque de Paterson (New Jersey), président du Comité pour le culte divin de la Conférence épiscopale des Etats-Unis, demande ainsi qu’on en tire les conséquences et" que le nom de "Yaweh" soit supprimé des hymnes et des diverses prières d’intercession au cours de la messe ou des autres sacrements. Il a écrit la semaine dernière une lettre dans ce sens à ses confrères aux Etats-Unis.

La Congrégation vaticane pour le Culte divin a envoyé une lettre, le 29 juin, aux Conférences épiscopales du monde entier, pour leur rappeler qu’on ne doit pas appeler Dieu "Yaweh" et que ce nom doit être effacé dans la liturgie.

Cette lettre, signée par le cardinal Francis Arinze et Mgr Malcolm Ranjith, respectivement préfet et secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, est explicitement présentée comme une directive du pape.

Mgr Serratelli a précisé que les directives vaticanes n'allaient pas imposer des changements pour les textes liturgiques officiels ou au projet actuel des évêques américains de traduction du missel mais aura des conséquences sur l'utilisation de certains morceaux de musique liturgique aux Etats-Unis ainsi que sur la composition de textes tels que les prières d'intercession durant la messe ou pour les autres sacrements.

A Portland, dans l'Oregon, John Limb, responsable d'OCP (Oregon Catholic Press) - principal éditeur de chants d’Eglise aux Etats-Unis - répond que les livres d’hymnes pour 2009 sont déjà imprimés et qu’ensuite il faudra du temps pour que les gens s’habituent à chanter sur d’autres textes.

L'hymne le plus populaire dans le répertoire de l'OCP sera touché. Il s'agit du chant de Dan Schutte, "You Are Near", qui commence par "Yahweh, I know you are near". Une dizaine d'autres chants utilisant le mot "Yahwh" sont concernés.

 
La Congrégation rappelle son document "Liturgiam Authenticam", de 2001, sur les traductions liturgiques, où il était stipulé que le nom du Dieu tout-puissant exprimé par le tétragramme hébreu et rendu en latin par le mot Dominus doit être rendu dans les langues vernaculaires par un mot de sens équivalent !!!


 Et elle déplore le fait que malgré une norme aussi claire, la pratique s’est répandue de "prononcer le nom propre au Dieu d’Israël", de le vocaliser dans la lecture des textes bibliques repris dans les lectionnaires ainsi que dans les hymnes et les prières, sous diverses formes comme Yahweh, Jahweh ou Jehovah.